Escapade hivernale en cabriolet ancien : la Provence que les touristes ne voient jamais
On répète partout que la Provence se vit en été. C'est faux. En escapade hivernale entre Cassis, Bandol et Saint‑Cyr‑sur‑Mer, un cabriolet ancien révèle une région totalement différente, plus brute, plus silencieuse, idéale pour un road trip en Provence sans touristes ni chaleur étouffante.
L'hiver en Provence, ce n'est pas une punition climatique
De décembre à février, la plupart des visiteurs fuient vers les stations de ski. C'est une excellente nouvelle pour ceux qui restent sur le littoral varois. Les températures y sont souvent douces, la lumière d'une netteté presque insolente, et les routes littorales respirent enfin.
Les chiffres de Météo‑France sont têtus : entre Marseille et Toulon, on tourne autour de 10 à 14°C en journée, avec un ensoleillement très correct. Oui, le mistral peut souffler, parfois fort. Mais avec un coupe‑vent et un plaid sur les genoux, la sensation de rouler décapoté en plein cœur de l'hiver reste une expérience presque enfantine. Une petite transgression climatiquement assumable.
Surtout, les paysages changent de ton. Les criques de Cassis et la calanque de Port d'Alon se vident. Les vignes se dénudent, laissant apparaître les restanques, les murets, le dessin brut du terrain. On cesse de regarder un décor de carte postale pour retrouver un territoire agricole, habité, vivant.
Pourquoi l'escapade hivernale est plus intelligente qu'un week‑end de printemps surchargé
Tout le monde s'entasse sur les mêmes créneaux : week‑ends prolongés de mai, ponts de juin, première quinzaine de septembre. Résultat : circulation saturée sur la corniche des Crêtes, parkings pleins à Cassis dès 10h, files interminables pour la moindre dégustation de vin.
Le même itinéraire, en janvier, raconte une toute autre histoire :
- vous trouvez facilement une table dans les bonnes adresses locales
- les vignerons ont du temps pour parler réellement de leur travail
- les routes secondaires vers Le Castellet ou La Cadière sont quasiment désertes
- vos photos ne sont pas envahies de gilets fluo et de cars de touristes
Une escapade accompagnée en plein hiver permet aussi de jouer avec les horaires : départ plus tardif le matin, pour profiter d'une lumière déjà haute, retour avant la nuit, avec parfois ce ciel rose‑orangé au‑dessus de Bandol qui n'appartient qu'à cette saison.
Choisir le bon cabriolet ancien pour une parenthèse d'hiver
On va être honnête : toutes les voitures anciennes ne se valent pas quand la température baisse. Certaines aiment le froid, d'autres un peu moins. Il faut donc penser votre escapade hivernale avec un minimum de réalisme.
2CV, Fiat 500, Coccinelle… trois façons très différentes de vivre le froid
Une 2CV comme Brigitte, c'est un peu la cabane en bois des cabriolets : rustique, chaleureuse, avec un chauffage qui finit par faire son travail. On roule tranquille, on écoute le bicylindre, on accepte de garder l'écharpe. Ceux qui ont connu les routes de campagne en hiver y retrouvent immédiatement des sensations oubliées.
La Fiat 500 Luigi, elle, se vit comme une bulle italienne miniaturisée. On n'y cherche pas le confort d'une berline allemande, mais une proximité presque absurde avec le paysage : on sent les reliefs, les odeurs de pin, la mer qu'on devine à l'horizon. En hiver, c'est un cocon minuscule où l'on se serre un peu plus.
Quant à la Coccinelle cabriolet Janis, c'est un compromis étonnant : capote bien isolée, moteur volontaire, vraie sensation de cruiser sur la Riviera version seventies, même à 70 km/h. En fermant quelques minutes sur les portions plus fraîches, on rouvrira volontiers dès que le soleil tape sur les vitres.
Les petits ajustements qui transforment votre journée
Une escapade hivernale réussie ne tient pas qu'à la voiture. Les détails comptent :
- prévoir une couverture par voiture, à laisser à l'arrière
- emporter un thermos de café ou de thé fumant pour une pause au belvédère
- garder des gants fins pour manipuler le volant et le levier sans se glacer les doigts
- anticiper une tenue en couches plutôt qu'un manteau rigide
Ce n'est pas du confort superflu, c'est ce qui fait la différence entre une sortie un peu rude et une parenthèse délicieusement hivernale.
Itinéraires d'hiver entre Cassis, La Ciotat, Bandol et l'arrière‑pays
La grande erreur, l'hiver, serait de vouloir reproduire les circuits d'été en plus court. En réalité, certains tronçons prennent tout leur sens hors saison, tandis que d'autres peuvent avantageusement être évités.
Le littoral dépeuplé : Cassis - Route des Crêtes - La Ciotat
La route des Crêtes, entre Cassis et La Ciotat, est souvent insupportable à la belle saison. En janvier, par beau temps, c'est un ruban quasi désert, accroché aux falaises du Cap Canaille. Les cabriolets anciens y sont à leur place naturelle : vitesse modérée, arrêts fréquents, panorama démesuré sur la Méditerranée.
En pratique, un itinéraire simple peut suffire :
- départ de Saint‑Cyr‑sur‑Mer, montée par les petites routes vers La Cadière
- redescente vers Cassis par les collines, pause café sur le port quasi silencieux
- traversée des Crêtes jusqu'aux hauteurs de La Ciotat, arrêt au belvédère
- retour par l'intérieur des terres vers Saint‑Cyr, en passant par Le Beausset
Sur ce genre de boucle, inutile de courir après les activités. C'est la route elle‑même, vidée de sa foule, qui fait le travail.
Les vignes en dormance : un autre visage du wine tour
En hiver, les wine tours en Provence prennent une tonalité très différente. Il n'y a plus de grappes à photographier, mais une vérité presque nue : celle de la taille, des travaux du sol, des choix agronomiques qui préparent la récolte suivante.
Beaucoup de domaines de Bandol et Cassis profitent de cette saison pour organiser des visites plus techniques, moins touristiques. On parle taille courte, réchauffement climatique, adaptation des cépages. Pour un amateur de vin un peu sérieux, c'est infiniment plus intéressant qu'une balade estivale parmi les cigales.
Une journée mixant escapade en cabriolet vintage et visite de deux domaines bien choisis, c'est exactement ce que des formats comme le Wine Tour Bandol - Cassis permettent de travailler, même (et surtout) hors saison.
Sécurité et météo : le réalisme avant l'esthétique
Évidemment, rouler en cabriolet ancien en hiver demande un minimum de respect pour la météo et pour la mécanique. On n'improvise pas un road trip d'une traite de 300 km "parce que la lumière est belle".
Lire le ciel et écouter le vent
L'hiver en Provence, c'est souvent le règne du mistral. Ce vent froid et sec peut transformer en enfer un trajet mal pensé le long du littoral. L'astuce, c'est de composer avec lui :
- privilégier les jours de vent modéré plutôt que les rafales annoncées à 100 km/h
- adapter le sens du parcours, en évitant de rouler systématiquement face au vent
- prévoir des options de repli plus abritées, dans l'arrière‑pays
Les prévisions de Météo‑France ou de La Chaîne Météo, combinées à une connaissance fine du terrain, font la différence entre une escapade hivernale superbe et une lutte permanente contre les éléments.
Respecter le rythme des voitures anciennes
Les cabriolets des années 60‑70 n'ont pas été conçus pour avaler de l'autoroute à 130 km/h sous la pluie. Et tant mieux. En hiver plus qu'en été, ils imposent un tempo raisonnable : temps de chauffe, vitesses adaptées, pauses régulières.
C'est aussi pour cela qu'une escapade accompagnée, avec un encadrement habitué à ces autos, reste une bonne idée. On arrête de jouer aux apprentis sorciers, on se laisse guider, on profite. Le plaisir sans le stress mécanique.
Une autre façon de vivre ses vacances d'hiver
Beaucoup de familles et de couples commencent à saturer du schéma unique "vacances d'hiver = ski". Entre le coût délirant des séjours en station et l'évolution erratique de l'enneigement, la lassitude est palpable. Certains cherchent autre chose, plus simple, plus bas, littéralement.
Un week‑end entre Marseille et Toulon, avec une journée en cabriolet vintage, une balade dans les vignes, une soirée tranquille à Bandol ou Sanary, c'est une alternative crédible. Pas besoin de forcer la note : deux jours suffisent à créer cette impression de parenthèse, précisément parce qu'on ne la partage pas avec tout le monde.
Et pour ceux qui craignent de "s'ennuyer" en hiver sur le littoral, la meilleure réponse reste l'expérience. Une fois qu'on a roulé en 2CV sur une petite route au‑dessus de la Méditerranée déserte, par un matin froid et bleu, on regarde différemment les affiches criardes des stations de ski.
Et maintenant, que faire de cette envie d'hiver au volant ?
Si vous sentez que la Provence hivernale vous appelle, commencez petit : un week‑end, une voiture, un itinéraire simple. Oubliez les to‑do lists interminables. Visez une vraie respiration, pas un exploit touristique.
Choisissez votre cabriolet, peaufinez votre boucle entre mer et arrière‑pays, réservez une ou deux étapes de dégustation ou de visite, et laissez le reste ouvert. C'est peut‑être la seule saison où la région accepte vraiment de se montrer telle qu'elle est : belle, oui, mais aussi un peu rugueuse, silencieuse, disponible.
Et si vous avez envie de vous faire accompagner, de tester une première fois la formule en douceur, jetez un œil à nos propositions d'activités ou de location de voitures anciennes autour de Saint‑Cyr‑sur‑Mer. L'hiver ici appartient à ceux qui ne le craignent pas trop vite.