Séminaire durable en Provence : arrêtez le greenwashing touristique
Entre séminaires en Provence à la chaîne et promesses de tourisme responsable, les entreprises se perdent. Comment organiser un événement vraiment sobre, cohérent et incarné, entre Marseille, Cassis et Bandol, sans tomber dans le greenwashing ni ruiner le plaisir d'un road trip en voiture ancienne ?
Pourquoi la mode du séminaire "éco‑responsable" dérive si vite
Depuis deux ou trois ans, les demandes de séminaires "verts" explosent dans le Var. Les comités de direction se réveillent avec une obsession : cocher la case RSE tout en continuant à faire à peu près comme avant. Résultat : même programme, mêmes bus climatisés, mêmes buffets gargantuesques… et un logo "green" sur le PowerPoint.
La contradiction saute aux yeux des équipes. On prétend parler sobriété énergétique sur une scène équipée comme pour un concert, on distribue des tote bags qu'on oubliera à l'hôtel, on s'extasie devant un vignoble tout en enchaînant les dégustations sans jamais parler de pratiques agricoles concrètes. Bref, on maquille un tourisme de masse en séminaire engagé.
Le littoral entre Marseille et Toulon subit déjà une pression touristique considérable en été. Y ajouter des groupes qui se revendiquent durables tout en ignorant les réalités locales, c'est, au mieux, maladroit, au pire franchement cynique.
S'inspirer des dernières tendances du tourisme d'affaires, sans suivre le troupeau
Les chiffres récents de l'Association Internationale des Congrès et Conventions (ICCA) et d'Atout France vont dans le même sens : les organisateurs de séminaires sont désormais jugés sur l'empreinte carbone et la qualité des expériences, pas sur le volume d'activités compressées dans 48 heures. On se rapproche plus d'une retraite utile que d'un marathon ludique.
Concrètement, cela veut dire :
- moins de déplacements inutiles dans la journée
- des groupes plus restreints, mieux accompagnés
- des intervenants locaux, vraiment ancrés sur le territoire
- une logistique réfléchie plutôt que surdimensionnée
En Provence, on voit aussi émerger un autre réflexe salutaire : quitter les spots saturés aux heures de pointe, jouer sur la saisonnalité, accepter de ralentir. C'est exactement ce que permet un cortège de cabriolets vintage bien conçu : ne pas survoler le territoire, mais le traverser lentement, avec un récit.
Choisir le bon moment : l'arme secrète d'un séminaire vraiment responsable
Si vous programmez encore vos séminaires sur le littoral varois en plein cœur d'août, vous avez déjà perdu la bataille du tourisme durable. Ce n'est pas une opinion, c'est presque une évidence statistique : saturation routière, consommation énergétique maximale, hôtellerie sous tension, habitants à bout.
Jouer la carte hiver‑printemps plutôt que la haute saison
L'immense avantage de la Provence, c'est qu'on peut rouler décapoté une grande partie de l'année. Entre fin février et début juin, puis de septembre à mi‑novembre, la lumière est splendide, les vignerons plus disponibles, et le littoral entre Cassis, La Ciotat, Bandol et Sanary supportable, voire désert par endroits.
Programmer un séminaire fin d'hiver avec un wine tour en Provence, c'est aussi envoyer un message à vos équipes : on privilégie le confort réel, la qualité de rencontre avec les partenaires locaux, plutôt que la photo Instagram au milieu de la foule.
Adapter l'itinéraire à la saison, pas l'inverse
L'itinéraire d'un séminaire durable ne se résume pas à cocher "mer + vignoble + village perché". Il doit tenir compte :
- des heures de lever et de coucher du soleil (fondamental pour les trajets en cabriolet ancien)
- de la météo moyenne de la période (vent, pluie, chaleur)
- des temps de travail en salle que vous devez préserver
- des contraintes de circulation propres à la saison
Un bon parcours entre Saint‑Cyr‑sur‑Mer, Le Castellet et la calanque de Port d'Alon ne sera pas le même en mars et en octobre. Prétendre le contraire, c'est déjà manquer de sérieux.
Voitures anciennes et RSE : contradiction ou atout discret ?
On entend souvent la remarque, parfois un peu moqueuse : "Une flotte de cabriolets anciens, c'est sympa, mais côté RSE, on est où, exactement ?". La question mérite d'être traitée franchement.
Arrêter la caricature : non, tout ne se résume pas au gramme de CO₂
Comparer un cortège de six voitures anciennes à un car de tourisme moderne uniquement à l'aune de la consommation au kilomètre, c'est rater 80 % du sujet. Le vrai impact environnemental d'un séminaire se joue dans :
- le nombre de trajets inutiles ou redondants
- le choix de l'hôtellerie et de la restauration
- la durée du séjour vs. le temps de transport
- le gaspillage (nourriture, goodies, matériel)
Un programme sobre, concentré sur un territoire restreint entre Cassis et Bandol, peut très bien être plus vertueux qu'un séminaire à l'autre bout de l'Europe en avion, même avec des véhicules thermiques anciens.
Réhabiliter la sobriété par le plaisir
Ce que permet la voiture ancienne, c'est justement de ralentir. D'accepter la petite route, la vitesse modérée, les pauses fréquentes, le contact direct avec le paysage. On ne « rentabilise » pas un kilomètre, on le savoure. En termes de fatigue des équipes et de qualité de lien, c'est un renversement complet.
C'est aussi pour cela que des formats comme l'escapade accompagnée ou les activités à petite jauge fonctionnent beaucoup mieux qu'un rallye frénétique. Ils créent une matière relationnelle dense, sans surenchère d'effets spéciaux.
Construire un programme utile plutôt qu'un patchwork d'activités
Le pire ennemi d'un séminaire responsable, c'est le "catalogue de loisirs". Une visite de domaine, un atelier œnologique, un tour en bateau, un escape game, un dîner gastronomique… et plus personne ne sait à quoi tout cela servait, à part cocher des cases.
Partir des enjeux réels de l'entreprise
Avant de parler voitures, vignes ou mer, il faudrait se poser quelques questions élémentaires :
- Que doit changer ce séminaire dans la vie de l'équipe, trois mois après ?
- Quelles conversations n'ont jamais lieu au bureau et pourraient enfin avoir lieu ici ?
- Quelles tensions silencieuses le programme devrait permettre de désamorcer ?
Un simple team building dans le Var en cabriolet ancien peut alors devenir un prétexte assumé : l'occasion de mettre les gens en mouvement, physiquement et mentalement, dans un environnement qui les oblige à sortir de leurs postures habituelles.
Limiter volontairement le nombre de "temps forts"
Un séminaire durable en Provence devrait ressembler davantage à une respiration organisée qu'à un feu d'artifice. Par exemple :
- matinée de travail au calme dans un domaine, sans écran superflu
- déjeuner sobre mais soigné avec un vigneron qui raconte aussi ses choix agricoles
- balade en cabriolets vintage sur une boucle courte, pensée pour la conversation
- pause en surplomb de la mer, sans animation, juste le paysage
C'est le genre de dispositif discret qu'attendent désormais les collaborateurs. On sous‑estime énormément leur capacité à repérer l'artificialité. Et ils la sanctionnent, parfois violemment, dans les feedbacks anonymes.
Étude de cas : un séminaire de direction qui change de cap
Il y a quelques mois, une PME industrielle de la région lyonnaise est arrivée avec un brief typique : "On veut du wow, du bateau, un peu de voiture ancienne pour le fun, et une soirée festive, mais en restant alignés avec notre plan climat". Schizophrénie assumée.
On a proposé autre chose : concentrer le séjour sur deux jours pleins, limiter les transferts, renoncer au bateau, travailler avec deux domaines seulement, entre Cassis et Bandol, et structurer un parcours en voitures anciennes comme fil rouge plutôt que comme gadget.
Résultat : moins de kilomètres, plus de temps de travail utile sur site, des échanges beaucoup plus honnêtes avec les équipes, et un récit simple à assumer dans leur rapport RSE. Ce n'était pas un séminaire parfait - aucun ne l'est - mais il était crédible. Et aujourd'hui, c'est déjà énorme.
Les erreurs qui décrédibilisent instantanément votre séminaire "responsable"
Si vous tenez à flinguer en quelques minutes l'image responsable de votre événement, il existe des raccourcis très efficaces :
- enchaîner trois activités motorisées dans la même journée "parce qu'on est là pour profiter"
- annoncer une démarche sobre tout en distribuant des goodies inutiles
- ignorer complètement les partenaires locaux au profit de prestataires anonymes
- programmer des trajets absurdes Marseille - Cassis - Bandol - Toulon dans la même journée
On pourrait ajouter à la liste les ateliers pseudo‑écologiques déconnectés du lieu, ou les discours sur la frugalité tenus depuis une scène illuminée comme un plateau télé. Ce sont des détails, mais les collaborateurs les voient, et ils ne pardonnent pas ce genre d'incohérence.
Vers des séminaires plus sobres, plus ancrés, plus assumés
Ce qui se joue aujourd'hui sur le littoral provençal, c'est une forme de tri : entre les entreprises qui veulent véritablement ancrer leurs événements dans le territoire, et celles qui se contentent d'un vernis durable. Les premières acceptent de renoncer à certaines facilités, de choisir des formats plus lents, des jauges raisonnables, des partenaires identifiés.
Un cortège de cabriolets anciens entre Saint‑Cyr‑sur‑Mer, La Cadière et Bandol n'a rien de contradictoire avec cette ambition, au contraire. C'est un outil de mise en mouvement, un rappel que l'on peut faire moins, mais mieux, sans renoncer à la beauté du paysage ni au plaisir de rouler cheveux au vent.
Si vous préparez votre prochain séminaire et que vous avez envie d'autre chose qu'un énième show "green" en PowerPoint, commencez par une chose simple : réfléchir à votre itinéraire, à la saison et au rythme, puis entourez‑vous de partenaires qui connaissent vraiment le terrain. Et si vous voulez voir concrètement ce qu'un parcours peut devenir entre Cassis et Bandol, vous pouvez commencer par explorer notre univers de location de voitures de collection ou nos formats d'œnotourisme en Provence. Le reste, honnêtement, se construit beaucoup mieux ensuite.