Team building dans le Var sans carboniser votre bilan carbone
Entre Marseille, Cassis et Bandol, on vous vend du team building « éco‑responsable » en avion + cars climatisés + goodies jetables. Absurde. Organiser un séminaire dans le Var en voiture ancienne peut au contraire devenir un levier de tourisme responsable, si l’on arrête le décor de carte postale pour travailler vraiment le fond.
Pourquoi vos séminaires « verts » sont tout sauf sobres
Depuis trois ans, la plupart des demandes RSE que nous recevons ressemblent à un cahier des charges schizophrène : lieu spectaculaire, logistique ultra‑confort, budget serré, et un vernis « bas carbone » pour rassurer le comité exécutif.
Résultat :
- groupes de 80 personnes convoyés en avion pour 24 heures sur place,
- hôtels 5 étoiles chauffés / climatisés à outrance,
- animations « nature » totalement déconnectées du territoire,
- aucune réflexion sur les flux, les saisons, ni le rythme de l’événement.
Le problème n’est pas la Côte d’Azur en soi. C’est ce copier‑coller des mêmes formats, été comme hiver, qui finit par carboniser inutilement vos déplacements et vos équipes.
Le Var et la Provence entre Cassis et Toulon ont pourtant tout pour accueillir un séminaire d’entreprise réellement sobre, si l’on accepte de toucher à ce qui fâche : la taille des groupes, le calendrier, les transports.
Actualité climatique : pourquoi vos déplacements sont devenus l’angle mort
En 2023, l’Agence européenne pour l’environnement rappelait que le tourisme représentait jusqu’à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la part des déplacements étant largement majoritaire. Rien de nouveau, mais les chiffres se durcissent : selon l’ADEME, le transport pèse en moyenne 77 % de l’empreinte carbone d’un voyage d’affaires.
Autrement dit, vous pouvez bannir les pailles en plastique de votre séminaire : si vous affrétez un avion pour Marseille et des bus pour traverser la Provence en plein été, vous avez perdu la bataille avant même d’avoir commencé.
Il faut donc renverser la logique : partir du territoire, des distances et de la saison, puis seulement ensuite définir les activités. C’est là que les cabriolets vintage ont une carte à jouer, mais à contre‑courant des clichés.
Une flotte de voitures anciennes, vraiment compatible avec la RSE ?
On va être clair : une voiture ancienne consomme davantage qu’une citadine hybride récente. Prétendre l’inverse serait malhonnête. En revanche, deux éléments changent radicalement la donne dans un projet de team building en Provence :
1. La sobriété par le nombre et le rythme
Un séminaire en cortège de cabriolets impose mécaniquement :
- des groupes plus petits (souvent 10 à 30 personnes, rarement plus),
- un rythme lent, incompatible avec le marathon d’activités inutiles,
- un périmètre réduit : on reste entre Cassis, La Ciotat, Bandol, Saint‑Cyr‑sur‑Mer.
Vous compensez partiellement la consommation par :
- la réduction des distances parcourues ;
- la concentration des activités en un même territoire ;
- la suppression d’une partie de la logistique lourde (cars, navettes multiples).
C’est un peu la même logique que pour la rénovation énergétique : la meilleure émission, c’est celle qu’on évite en renonçant au « toujours plus ».
2. Allonger la durée, rallonger la valeur
Un écueil classique : faire venir 40 collaborateurs pour une journée éclair, juste pour cocher la case « séminaire dans le Var ». C’est là qu’on explose le bilan carbone au kilomètre utile.
À l’inverse, concevoir un séjour de deux ou trois jours en petit comité, articulé autour d’un wine tour en Provence, de temps de travail en sous‑groupes et de rencontres avec des vignerons ou acteurs locaux, permet de :
- diluer l’impact du trajet sur une durée plus raisonnable ;
- produire de la vraie valeur (alignement, décisions, cohésion) ;
- justifier, chiffres à l’appui, ce déplacement auprès de vos instances RSE.
La voiture ancienne n’est plus un gadget « instagrammable », mais le fil rouge d’une pédagogie du temps long.
Choisir la bonne saison : le vrai levier de sobriété
Parlons d’un sujet que les services marketing détestent : renoncer à la haute saison. Un séminaire de 40 personnes en juillet à Cassis cumule tous les défauts :
- embouteillages monstres entre Marseille et Toulon,
- chaleur écrasante compliquant les activités en extérieur,
- prix délirants des hébergements et des prestations,
- pression énorme sur les infrastructures locales déjà saturées.
En revanche, un même événement fin mars ou début novembre change la donne :
- routes fluides, temps plus doux pour rouler cheveux au vent ;
- vignerons disponibles pour de vraies rencontres, pas des défilés chronométrés ;
- hébergements plus accessibles, donc possibilité de monter légèrement en gamme sur le contenu plutôt que sur le décor.
La saisonnalité est aussi une question de respect du territoire. Entre Bandol et La Ciotat, les habitants n’ont pas besoin d’un énième cortège corporate en plein week‑end du 15 août. En revanche, ils apprécient un flux régulier, plus discret, à l’automne ou en hiver.
Comment écoconcevoir un team building en cabriolet vintage
Concrètement, que peut faire un organisateur pour que son séminaire en voitures anciennes ne soit pas un caprice folklorique ? Quelques principes simples, que nous appliquons systématiquement chez nous dans le Var.
Limiter les transferts et penser en boucles courtes
Plutôt que de multiplier les lieux, concentrez vos activités sur un ou deux points d’ancrage :
- un hôtel ou un domaine viticole central entre Cassis, Bandol et Saint‑Cyr‑sur‑Mer ;
- un itinéraire en boucle en cabriolet, passant par quelques domaines partenaires ;
- des temps de marche intégrés (vignes, villages perchés) pour souffler.
On peut très bien concevoir une journée complète où les véhicules ne dépassent pas 80 à 100 km au total, tout en donnant l’impression d’un vrai « voyage » grâce à la variété des paysages.
Remplacer les gadgets par du contenu utile
Au lieu de distribuer des sacs de goodies « verts » made in très loin, investissez dans :
- une masterclass œnologique avec un sommelier local,
- une visite guidée de La Ciotat ou du circuit du Castellet,
- un atelier sur la gestion des émotions en lien avec le cadre naturel.
Ces formats existent déjà dans les offres de séminaires et promotions événementielles autour de Saint‑Cyr‑sur‑Mer, mais ils sont trop souvent sous‑exploités au profit de jeux « fun » sans queue ni tête.
Transparence carbone plutôt que slogans
Personne n’attend de vous un séminaire zéro émission. En revanche, vos équipes ne supportent plus d’être prises pour des enfants. Osez communiquer :
- les émissions estimées du déplacement (train + transferts locaux),
- les arbitrages réalisés (taille du groupe, saison choisie, durée),
- les actions de compensation ou de contribution locales choisies, sans greenwashing.
Une ressource utile pour cadrer cette démarche : le guide de l’ADEME sur les bilans GES, qui propose des facteurs d’émission clairs par mode de transport.
Cas réel : un séminaire sobre entre Cassis et Bandol
Un exemple très concret, organisé au départ de Saint‑Cyr‑sur‑Mer, avec une trentaine de cadres d’un groupe industriel :
Le cahier des charges initial
L’entreprise voulait :
- 3 jours sur place,
- une vraie réflexion stratégique sur la décarbonation,
- un temps fort d’équipe marquant mais pas tape‑à‑l’œil,
- un budget maîtrisé sans renoncer à un cadre inspirant.
Nous avons tout de suite exclu juillet‑août, et proposé un créneau de mi‑octobre, en ciblant la zone Bandol - La Ciotat - Cassis.
L’architecture retenue
Sur trois jours :
- Jour 1 : arrivée en train à Marseille, transfert groupé vers Saint‑Cyr‑sur‑Mer, installation et travail en ateliers ;
- Jour 2 : boucle en cabriolets vintage sur les routes des vins de Bandol, visites de deux domaines partenaires, déjeuner vigneron, retour par la route des Crêtes ;
- Jour 3 : matinée de restitution, départ échelonné en train.
Aucun avion, aucun aller‑retour permanent. Les voitures anciennes n’ont roulé que sur une seule journée, mais ont structuré toute l’expérience. Les participants se souviennent autant des échanges de fin de journée que du bruit des moteurs dans la montée du Cap Canaille.
Et les particuliers dans tout ça ?
On pourrait croire que ces exigences ne concernent que les directions RSE des grands groupes. C’est faux. De plus en plus de particuliers qui réservent une location de voiture de collection ou une escapade accompagnée nous posent les mêmes questions :
- « On vient de Lyon, est‑ce qu’on prend la voiture ou le train ? »
- « On peut éviter les énormes domaines‑usines et voir des vignerons indépendants ? »
- « Vous roulez vraiment tous les jours, toute l’année ? »
La réponse, c’est justement de prévoir moins d’allers‑retours, plus de temps sur place, et d’assumer qu’un cabriolet ancien, utilisé avec parcimonie, peut être plus cohérent qu’une série de petites voitures récentes mobilisées en permanence.
Ouvrir le jeu : concevoir un séminaire qui assume ses choix
Le vrai courage, aujourd’hui, ce n’est pas d’afficher « séminaire bas carbone » sur une plaquette. C’est de regarder en face ce que coûte un déplacement de 30 ou 40 personnes, et d’en faire quelque chose de suffisamment dense, humain et ancré pour que cela vaille le coup.
Entre Marseille et Toulon, les routes qui serpentent entre mer et vignes offrent ce cadre singulier, à condition de respecter leur rythme et leurs saisons. C’est ce que permettent les cabriolets vintage, quand ils sont utilisés comme un outil de sobriété choisie, et pas comme un gadget marketing.
Si vous voulez explorer cette voie avec un projet concret - que ce soit un team building, une escapade œnologique ou une promotion événementielle - le plus simple reste de partir d’une page blanche, chiffres et cartes sur la table. Le territoire, lui, saura faire le reste.